Texte Libre
Si vous préparez un voyage et que vous avez besoin d'infos, vous pouvez toujours m'écrire ici: sancho3000@hotmail.fr
Bonne lecture.
Vous ne savez plus où vous en êtes? Vous saurez au moins où je suis... ou presque, on va pas chipoter pour quelques centaines de km, non? Alors ouvrez bien vos mirettes, je vous ai gardé une petite place dans mon sac! Promis, très bientôt, des nouvelles du Transsibérien, de la Mongolie, de la Chine, du Vietnam, du Cambodge, du Laos aussi et de la Thaïlande...

Avant ça, j'ai tout de même bien profité des quelques jours de soleil et de chaleur toride qu'il me restaient à vivre dans cette partie du monde. Je ne vous ferai pas le détail de mes journées, bien que cela serait facile entre baignade en eau claire et chaude, repos et lecture dans mon bungalow en bambou. Un pic d'activité tout de même entre 17H30 et 19H quand, la chaleur baissant, il était possible de jouer au Beach Volley sur un sable moins brûlant, sur fond de coucher de soleil de carte postale.

J'essayais encore de m'emerveiller des crabes bleus phosphorescents, des grenouilles jaillissant du tuyeau de douche dont manquait la pomme et qui crachait une eau verdâtre, de la gentilesse des habitants, de la lune incroyablement claire. Mais il est difficile de s'etonner de tout en permanence, surtout lorsqu'on sait qu'il va falloir rentrer. De bonne rencontres tout de même, qui m'ont permis de retravailler ma sociabilité avant le retour. De plus en plus, on me disait que le gouvernement français faisait de son mieux pour faciliter mon retour: Il etait en train de supprimer completement le droit du travail afin de donner un petit côté asiatique à la France. Chouette! Merci Villepin!
Après neuf jours, je suis retourné à Bangkok pour prendre mon vol après une petite immersion dans les ruelles de Bangkok et le Chinatown local. Le jour de mon départ, j'ai revu mon amie anglaise, rencontrée à Moscou le premier soir de mon voyage et qui venait d'arriverà Bangkok après 4 mois. La boucle était bouclée, ne restait plus que le vol retour.
Toute une histoire d'ailleurs, ce vol retour... Pas de problème au départ de Bangkok mais tout s'est corsé à Ho Chi Minh Ville. Les trois heures d'attentes prévues sont passées assez rapidement dans le coin fumeur de l'aéroport , petite pièce non ventilée qui fait de la cigarette une punition. Nous avons squatté l'endroit avec d'autres jeunes français de retour de vadrouille à échanger des bon plans, des anecdotes sur le Laos ou l'Inde, les assedics ou le RMI, et à pester contre le retour, Sarkozy, Villepin, Chirac et tous ceux dont la vie consiste à rendre les notres invivables. Au moment d'embarquer, on nous a prévenu que le décollage aurait trois ou quatre heures de retard supplémentaires. Le reste de l'attente s'est donc fait autour d'une bouteille de vodka duty free, assis par-terre dans l'aéroport après avoir lutté pour obtenir des gobelets en plastique des odieux barmen vietnamiens de l'aéroport. Enfin, nous avons pu embarquer à trois heures du matin avec les hotesses les moins sympathiques que j'aie jamais vu et qui nous ont réveillé à 5H pour le repas... on était ravis.
Et me voila donc revenu en faisant des efforts pour perdre mes repères asiatiques, pour oublier que 8 euros pour le RER c'est de la folie pure, que les 50 euros de Paris à Strasbourg en train me feraient vivre 3 ou 4 jours en Asie... Au contraire, il faut positiver: se dire que 6 degrés c'est vivifiant, que la grisaille rend joyeux, que les étudiants occupent les facs, et que je vais les rejoindre... Bonne diversion. D'ailleurs en Thailande aussi, il y avait des manifestations monstes pour la démission du premier ministre...
Une dernière photo de voyage pour exposer mon bronzage et à bientôt dans les trains en
grève.

Mais non, je ne peux pas terminer comme ça... D'abord, je voulais vous remercier d'avoir fait ce bout de route avec moi et d'avoir été fidèles au poste. Si ces petites histoires vous ont plu, je me ferai un plaisir de réitérer l'exercice lors de mon prochain voyage... en Amérique Latine ... bientôt... Je vais être ravi de vous revoir tous, pour ceux que je n'ai pas encore vu. Et si ça vous a vraiment plu, n'hésitez pas: vous aussi penez vos sac-à-dos et allez respirer un peu d'air frais, ça fait du bien!!!
voyageurs pour trouver une ïle encore tranquille et délaissée par le tourisme de masse, la prostitution, les full moon party et l'inflation galoppante. On m'avait conseillé Ko Payam, petite ïle à la limite de la Birmanie. Apres 3 H de bateau, je pu constater qu'on ne m'avait pas trompé sur la marchandise.
Le lendemain, j'ai donc pris un sangtao jusqu'a Luang Nam Tha ou j'ai ete surpris d'apprendre qu'il y avait encore un bus a 12h30 jusqu'a Huay Xai, frontiere avec la Thailande. Le sort paraissait me sourire a nouveau puisque je pensais qu'il n'y avait qu'un seul bus, tot le matin. J'avais entendu differentes versions sur la longueur du trajet, de 6 a 10H, mais tout le monde s'accordait pour dire que la route etait detestable. Je partais donc, non pas en bus mais en sangtao, la nuance etant importante puisque les sangtaos sont ouverts... Pendant 9H30, nous avons donc tous respire la poussiere de la piste en refection, qui s'insinuaient dans nos vetements, nos oreilles, nos cheveux, finissant par nous recouvrir completement. Entre les arrets pour prendre du monde, pour que les vehicules de chantier degagent la voie, pour reparer les avaries, le voyage semblait interminable. Au bout de cinq heures, quand les passagers d'un bus venant de la direction inverse nous ont dit qu'il restait quatre heures, j'aurais pu perdre patience si je n'etais pas devenu completement impermeable a ce genre de soucis materiels. Un vrai petit laotien tout poussiereux...
Comment arrivent les accidents
La nuit approchant, je dis a mon voisin coreen que ca allait etre drole quand il ferait nuit (j'aime bien conjurer le sort comme ca). Lui, ne comprenant pas m'a demande pourquoi. "Ben quand on ne verra plus la route... et le chauffeur non-plus". La il a compris mais on avait peut-etre pas la meme definition de "drole". De fait, il etait parfois difficile, meme en plein jour, de faire la difference entre la route et les routes de chantiers amenant a des tas de graviers ou des ravins. Alors la nuit... Et effectivement, apres deux heures de conduite de nuit, j'ai ete tire de mes reveries par le crissement des pneus. Le vehicule s'etait arrete a 20cm d'un ravin de 10 metres, la mauvaise route donc... du coup, j'ai dit a mon voisin "tu vois pourquoi c'est drole", "on a failli mourrir, oui!" m'a-t-il repondu. On avait pas le meme humour... Meme si je trouvais ca plus drole que dramatique, j'ai fini le reste de mes cacahuetes caramelisees en me disant que je n'aurais peut-etre pas l'occasion de le faire plus tard...
En nous trainant comme on pouvait sur le sol bossele entre les engins qui ne s'arretaient pas de travailler (la Chine finance une grosse route maccadamee pour exporter plus facilement vers la Thailande, ce qui explique tous ces travaux), nous avons fini par arriver a bon port a 10H passees. Juste a temps pour pouvoir encore manger quelque chose et depenser mes derniers dizaines de milliers de Kips. Enfin, ce matin, j'ai traverse sans encombres une derniere fois le Mekong pour me retrouver en Thailande. Des distributeures automatiques a tous les coins de rues, des routes toutes maccadamees, des bus spacieux, finie l'aventure... Une derniere frayeur en voyant un bus arriver droit sur nous " mais il roule sur notre voie!!! ah non, on roule a gauche..." et c'est tout. Me voila donc en Thailande a attendre un bus de nuit pour Bangkok et ca m'a fait bizzare de choisir ma place dans le bus sur un ecran informatique. Un premier choc avant, dans quelques jours, celui de mon retour en France, encore plus violent celui-la. A bientot
De Muang Sing, mon plan etait de redescendre un peu au sud et de prendre un bateau sur le Mekong jusqu'a la frontiere thailandaise. Mais les plans au Laos... J'ai pris un premier sangtao jusqu'a Muang Long, encore bien plus perdu que Muang Sing, sans route goudronnee. Il aurait ete sympathique de rester plutot dans ce trou mais j'aurais rate les camion surcharges qui se dirigeaient vers la frontiere chinoise a la nuit tombee (!!!) et que j'aimais imaginer remplis d'opium...
Deux bonnes heures d'attente inexplicables pour en prendre un deuxieme jusqu'a jusqu'a Xieng Kok au bord du Mekong. Jusque la, j'hesitais... Techniquement, il aurait ete possible d'arriver a la frontiere dans la journee en vedette et de quitter le Laos le lendemain malgre les quelques jours qui me restaient sur mon visa. Les prix proposes pour les bateaux mirent fin a mes tergiversations. Tout seul, ca m'aurait coute plus de 100$ et pas moins de 25 en partant le lendemain avec d'autres passagers. Presque tout l'argent qui me restait et il faut toujours compter avec les imprevus... J'ai donc trouve un bungalow sur le Mekong et suis alle me promener dans les petits villages tribaux autour de Xieng Kok, me faire saluer par les enfants et apprecier la tranquilite d'un lieu ou les chiens n'aboient pas et ou il n'y a pas de bruits de moteurs. 
De mon bungalow, je regardais reveusement la Birmanie tant il est vrai que la jungle parait toujours plus verte de l'autre cote du Mekong (ca meriterait d'etre un proverbe local...). Puis le soleil se coucher sur mes reves de voyages, d'autres voyages, et se laisser engloutir par le Mekong, sinueux et vorace.

Le plan du lendemain (encore un!) etait desormais de retourner a Muang Sing dans la journee et rejoindre Luang Nam Tha pour y prendre un bus jusqu'a la frontiere et la traverser le lendemain. C'etait compter sans le fait de rater le bus du matin qui s'avera etre le seul... Apres avoir attendu quelques heures un eventuel deuxieme bus, j'ai fait la seule chose a faire, c'est-a-dire mettre mon sac-a-dos a sa place et me servir de mes gambettes jusqu'a Muang Long. "22km, c'est tout a fait faisable" me disais-je, "c'est l'affaire de quatre ou cinq heures". Ca m'a rappele combien un corps peut transpirer, mouiller un T-shirt en 15mn, la sueur tombant des cheveux sur les sourcils, puis des sourcils jusqu'au nez et goutant petit a petit. J'en etais la quand une petite forgonnette chinoise tiree par un tracteur m'a pris en stop sur le tas de planches qu'il transportait, toutes de tailles et de largeurs differentes, dont les plus longues trainaient par-terre.
Il n'allait pas vite mais puisqu'il m'avait rattrappe, c'etait donc qu'il etait plus rapide que moi... et c'etait beaucoup moins fatiguant. Dans les descentes, on faisait surement des pointes a15km/h... Pendant les 10km qu'il m'a fait gagner, je faisais ma petite eloge personnelle de la lenteur, profitant du paysage et des villages tribaux peuples de femmes en costumes traditionnels et d'enfants hilares qui n'arretaient de crier "sabaidi" et de gesticuler a mon intention qu'une fois hors de vue. Puis mon vehicule a biffurque. Apres quelques km a pied, les derniers m'ont ete epargnes par un pick up. Avec une logique toute laotienne, j'ai mis mon sac dans la cabine et suis monte sur les bidons d'essence a l'arriere. Par chance, j'ai pu prendre un bus jusqu'a Muang Sing ou je suis arrive le soir, sous la pluie et dans un froid auquel je n'etais plus habitue (genre 15-20 degres, autant vous dire que j'ai resorti la polaire et la veste illico). Mes plans tombaient a l'eau encore une fois. J'en faisai d'autres pour le lendemain en me disant que decidement, on ne s'echappe pas comme ca du Laos.
Le lendemain, j'ai repris la route, non sans avoir rate le premier bus, le premier d'une serie noire. Je suius ale jusqu'a Luang Nam Tha, plus a l'ouest, assez content d'eviter desormais les places pres des fenetres. De fait, mon voisin lao etait un peu excede d'etre arrose des crachats et vomis des passageres placees plus a l'avant. Il fauit dire que les routes sont mauvaises, sinueuses et souvent en refections, c'est-a-dire cahotantes. J'ai du mal a comprendre cette fragilite stomacales, puisque j'arrive meme a lire sur ces routes quand je me lasse du paysage. De Luang Nam Tha, ville un peu trop etendue a mon gout, j'ai pris un sangtao jusqu'a Muang Sing. 
Cette petite ville dont seule la route principale est goudronnee etait il y a quelques annees le principal marche de l'opium du triangle d'or. Les montagnes a 10km au nord marquent la frontiere avec la Chine, celles a 15 km a l'ouest, celle de la Birmanie (le Myanmar aujourd'hui.) C'est donc aux confins du Laos que j'ai fait ma derniere halte de plus d'une nuit. Le premier jour a ete occupe a batailler avec les femmes de la tribu Hakka, championnes de la vente forcee au sentiment. Sans aucun mot d'anglais elles palabrent pendant des heures pour vous faire acheter leur magnifique artisanat pour un prix derisoire, ou bien de l'herbe ou de l'opium. Ayez le malheur de jeter un oeil sur ce qu'on vous montre et, sorties de nulle-part, quatre ou cinq autres arrivent et deballent leurs bracelets, echarpes, sacs et que sais-je encore.
Achetez a l'une et les autres vous mimeront leur desespoir parce que vous ne leur prenez rien. Dites " maybe tomorrow" pour vous en debarasser et elles vouis diront " maybe tomorrow noooo goooodd", "tomorrow goood". Et le lendemain, elles ne vous laisseront aucun repis jusqu'a ce que vous achetiez. Soyez avec quelqu'un qui a achete, elle vous diront "he goood, you noo goood". Et ca peut durer comme ca longtemps, elles ont le temps. Elles s'occupent en filant le coton a cote de vous, roulant la bobine sur leur cuisse ou en enfilant des perles. Ou se reposant en attendant leur heure.
Acharnees mais adorables, rappelant les vendeuses Hmong du nord du Vietnam.
Le lendemain, j'ai effectue un petit pelerinage a velo jusqu'a la frontiere chinoise, m'imaginant, avec quelques mois de voyage en plus, traversant le Yunan jusqu'au Tibet, puis le Nepal, l'Inde... et revenant a la realite en profitant des derniers villages lao a visiter sur le chemin du retour.
Derniere escapade dans les rizieres et les forets denses ou, bien cachees a la vue, fleurissent les champs de pavot qui permettent aux tribues hak, Hmong, Thai et autres de subsister... En attendant leur desintegration programmee par le gouvernement et les bonnes consciences internationales, en les forcant a venir s'installer dans les plaines pour s'adapter a l'economie de marche.
la suite demain